Alfa Romeo 6C 1750 Gran Sport Spyder, Vittorio, Ugo, Enzo et les autres – Partie 1

Le 5 février prochain, lors de la vente Bonhams qui se tiendra au Grand Palais, l’une des grandes vedettes sera une Alfa Romeo 6C 1750 Gran Sport qui a couru les Mille Miglia 1930. Avec parmi ses atouts, le splendide dénuement de la carrosserie Zagato.

Alfa Romeo 6C 1750

Alfa Romeo 6C 1750

L’histoire de l’automobile a ceci de jouissif que les documents qui l’illusrent ne se consultant pas que dans les bibliothèques. Ils démarrent, ils font du bruit et avec un peu de chances, on peut même monter à bord. Cette Alfa Romeo 6C 1750 a couru la Mille Miglia 1930 sous les couleurs de la Scuderia Ferrari, qui venait tout juste d’être fondée. Enzo Ferrari était encore loin de créer s marque, mais ce n’était pas non plus un débutant. Longtemps pilote, surtout sur Alfa Romeo, devenu à 32 ans concessionnaire de la marque pour la région de Modène, il avait réussi sa reconversion. Sans assécher ses ambitions. Sa Scuderia est une machine de guerre qui prouvera bientôt son efficacité sportive et économique. Il n’en est porutant pas le principal commanditaire: il a misé 50 000 litres, contre 130 000 pour Alfredo Caniato et Mario Tadini. Ces notables de Modène veulent surtout se doter d’une structure pour courir. Pour Ferrari, il s’agit de gagner de l’argent, en facturant la logistique et le conseil, en monnayant sa réputation de vainqueur de nombreuses courses en Emilie-Romagne et de second à la Targa Florio 1920. Déjà sur Alfa Romeo d’ailleurs. La structure est prête fin 1929. La première épreuve de la saison 1930, le 13 avril, c’est la Mille Miglia. En passe de devenir mythique, cette course traverse une bonne partie du Royaume d’Ilatlie, de Brescia à Brescia en passant par Rome, et fait vibrer une proportion plus grande encore de ses sujets.

Alfa Romeo 6C 1750

Alfa Romeo 6C 1750

Caniato et Tadini y alignent leur Alfa Romeo 6C 1750. Pas n’importe quel modèle. Dans la lignée des 6C, toutes conçues par Vittorio Jano, il y a des modèles à moteur simple arbre, des versions à double arbre à cames en tête, des atmosphériques et des suralimentées, les Super Sport et les Gran Sport. Les voitures de la Scuderia, comme celles de l’usine Alfa Romeo, sortent de chez Zagato. On se dispute l’honneur d’habiller les châssis 6C 1750, chacun dans son style. Celui d’Ugo Zagato est clair et net: peu d’ornaments, un profilage aussi soigné que possible, resserré autour du châssis le plus court disponible. Le politicien Luigi Scarfiotti, premier “client” de la Scuderia, reçoit la sienne juste à temps: nous l’avons sous les yeux. Ferrari lui fournit même l’équipier, en la personne de son mécano de bord préféré, Guglielmo Carraroli. Les 3 voitures ne sont pas portées du “Cavallino rampante, boir sur fond jaune” pour l’excellente raison que celui-ci n’apparaîtra que deux ans dans la suite en anée 1932.

La Mille Miglia semble promise à Alfa Romeo. Parmi les 135 concurents, 30 ont choisi la marque. Ils affronteront toutefois vingt-trois O.M., de pleins boisseaux de Lancia, de Fiat etc. Sans oublier deux bêtes de circuit, la Maserati 8C 2000 d’Arcangeli et la Mercedes-Benz SSK 7  litres à compresseur de l’Allemand Rudolf Caracciola.

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